Histoire de la cacherouth

par Mon Cacher | 07/02/11


Adam reçoit comme commandements : « Croissez et multipliez » et « de tous les arbres du jardin tu mangeras, mais l’arbre de la connaissance du bien et mal, tu ne mangeras pas ». La reproduction et la nourriture sont les actes les plus naturels puisque nécessaires à la survie de l’espèce, mais ici ils sont élevés au rang de mitsva. Parmi tout ce qui est possible de consommer par l’homme, D. met une restriction sur l’arbre de la connaissance du bien et mal. La conscience morale naît quand l’homme est capable de se refuser ce qui lui naturellement licite. Par-là, il se distingue catégoriquement de l’animal qui, mu uniquement par son instinct, ne connaît pas ce genre de conduite. Tel est le sens de la réponse que le père donne au fils sage, le soir de Pessah. Au « Quel est le sens des lois de témoignage, des décrets et des lois sociales mentionnées dans la Torah?», le père répond : « On ne mange plus après l’afikomane » (ce morceau de matsa consommé après le repas, qui symbolise l’agneau pascal et qui marque la fin de toute consommation jusqu’au lendemain). La réponse paraît étrange face à la question. En fait, le père répond de façon globale : « Mon fils si tu veux saisir le sens des commandements (taamé hamitsvoth), il suffit de comprendre le sens de l’afikomane : mettre une limite à son appétit de vivre, à sa jouissance totalitaire ». La limite permet de se situer par rapport à D. qui a donné l’ordre, mais également par rapport au prochain qui lui aussi à son propre appétit de vivre.

Noé et la viande
Avec Noé, une nouvelle étape est franchie. En effet, Adam et ses descendants sont reconnus comme végétariens. Même après le renvoi du jardin d’Eden, Adam doit manger le pain « à la sueur de ses narines », la chair n’est toujours pas consommée. Après le Déluge, après que les hommes eurent prouvé qu’ils étaient capables de « s’entre-dévorer », le Créateur offre une nouvelle législation : « comme l’herbe des champs, Je vous donne le tout (tous les animaux) » (Genèse. IX,3). Avec une restriction cependant : l’interdiction d’arracher le membre d’un animal vivant (cette restriction fait partie des sept lois de Noé qui concernent toute l’humanité). Ainsi la consommation de la viande devient une tolérance par rapport au projet initial du Créateur qui souligne que D. préfère des carnivores qui se respectent que des végétariens violents.

Israël et la Torah
En tant qu’Israël nous n’échappons pas à la règle. Depuis la sortie d’Egypte, date de naissance de notre identité collective, nous avons reçu des lois alimentaires spécifiques. Ainsi, juste avant la dernière plaie, D. demande de préparer un agneau pour le sacrifice, sacrifice qu’il faudra consommer circoncis. Aux premiers commandements de l’humanité : « croissez et multipliez » et « de tous les arbres du jardin tu mangeras, mais l’arbre de la connaissance du bien et mal, tu ne mangeras pas », répondent ces deux premiers commandements d’Israël liés à la sexualité et la consommation. Mais c’est au Sinaï, que des règles alimentaires plus détaillées seront offertes, que l’on peut ainsi résumer. 1. Le choix des animaux : mammifères ayant le sabot fendu, poisson à écailles et nageoires, oiseaux de basse-cour. 2. Interdiction de mélanger le lait et la viande. 3. Interdiction de consommer le sang. 4. L’on peut y ajouter toutes les lois qui concernent la terre d’Israël (comme les plantations des trois premières années, les lois concernant les pauvres, etc.).




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